• Язык:
    Французский (Français)

Le Tramway égaré

Заблудившийся трамвай

Je marchais dans une rue inconnue,
Quand j'entendis un corbeau croasser.
Un luth jouait, il tonnait dans la nue.
Je vis passer en volant un tramway.

D'un seul bond j'atteignis le marchepied
Tout étonné d'une telle gageure.
Derrière lui, dans le ciel, il traçait
Une traînée éblouissante et pure.

Dans l'abîme des temps, comme en folie,
Il s'enfuyait tel un noir tourbillon.
«Arrêtez, conducteur, je vous supplie;
Arrêtez donc, par pitié, ce wagon!»

Trop tard! voici qu'il a passé le coin,
Bondissant au milieu des palmeraies.
Les ponts de la Seine et du Nil sont loin
Et le fracas s'est tu sous les travées.

Mais dans la vitre on vit près de la route
Un vieillard dont l'oeil curieux nous suivait.
C'était le vieux mendiant sans aucun doute
Qu'à Beyrouth on vit mourir l'an dernier.

Où suis-je ? alangui, plein de désespoir,
J'entends mon coeur répondre à mes prières:
«Voici la gare où tu pourras avoir
Un billet pour ton Inde imaginaire.»

Une enseigne... alphabet ensanglanté
Dit «légumes et fruits» près de la porte.
Mais je sais qu'on n'y vend ni choux ni navets,
On y vend seulement des têtes mortes,

La face comme un pis, en maillot rouge
Le bourreau coupa ma tête, elle aussi.
Elle est au fond de la caisse où ne bouge
Plus rien, visqueuse et mangée à demi.

Mais voici la palissade pourrie,
La maisonnette avec son gris gazon.
«Arrêtez, conducteur, je vous supplie,
Arrêtez donc, par pitié, ce wagon.»

C'est là que chantait et vivait Marie,
Tissant un tapis pour moi, son fiancé.
Mais où sont ton corps et ta voix chérie ?
As- tu déjà pour la mort tout quitté ?

Quand ta chambre écoutait ton supplice.
En perruque et poudré, pardonne-moi,
J'allais me présenter à l'impératrice
Et jamais plus je ne fus avec toi.

J'ai compris ce qu'est notre liberté,
Rayon venu d'en haut, qui se reflète...
Hommes et ombres attendons d'entrer
Au museum naturel des planètes.

Un vent doux et connu traverse l'air
Fondant sur moi, des hauteurs qu'il dévale.
J'entends un cavalier ganté de fer
Et les sabots d'une étrange cavale.

Comme un rempart de notre orthodoxie
Saint-Isaac s'élève sans effort.
J'y ferai dire une messe à Marie:
Pour moi je veux un office des morts.

L'âme est vraiment dolente et dérisoire.
Vivre et mourir ne font que meurtrir.
Comment, Marie, aurais-je pu le croire
Que l'on pût tant aimer et tant souffrir?

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